samedi 19 janvier 2019

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Programme de travail de la 32ème session nationale de l’INTEFP

  1. 1. Module 1 (du 17 au 21 septembre 2012) :

Pour mémoire, la 32ème  session nationale de l’INTEFP est consacrée au thème suivant : Les jeunes générations face aux transformations de l’emploi et du travail

Ce lundi 17 septembre, c’était l’accueil des auditeurs de la 32ème session : le bus toujours au même endroit à la gare Perrache, la traversée de Lyon, le chantier pharaonique du nouveau musée des Confluences à la croisée du Rhône et de la Saône (pour l’heure un squelette de dinosaure qu’on aurait déterré et quand il sera achevé une sorte de nuage de verre flottant au-dessus du fleuve), puis l’arrivée à Marcy l’Etoile, la distribution des chambres joliment et confortablement rénovés, et toujours quelques lapins batifolant sur les pelouses.

 

 

Le premier module a été officiellement ouvert par Bernard Bailbé. Le directeur de L’INTEFP a rappelé les missions de l’INTEFP : école professionnelle, lieu de recherche opérationnelle, conception et réalisation des sessions nationales. Il a évoqué le changement de méthode affiché par le gouvernement à l’occasion de la Conférence sociale de juillet dernier, soulignant que le temps de dialogue est un temps efficace et que l’utilité des sessions s’en trouve ainsi réaffirmée. Puis il a insisté sur les engagements qu’impliquait la participation à la session et dit quelques mots sur l’existence et le rôle de l’Association des Auditeurs. Temps de rigueur financière oblige, le partage d’une chambre d’hôtel pendant les voyages à l’étranger revient à l’ordre du jour.  

 

Claire Boiteux présenta ensuite le contenu de la session et les méthodes de travail préconisées. A noter à cet égard une check-list utile pour faire un compte-rendu et une synthèse; il a été établi par le Conseil scientifique et pourrait être transférable à nos propres activités ; il s’attache à discerner ce qu’on a retenu d’une intervention ou d’une visite (les points-clés), quel était le message intentionnel de l’intervenant, les constats convergents et divergents des participants à travers leurs échanges et les axes de progrès identifiés. 

Puis ce fut au tour du Conseil scientifique de se présenter (cf. CR précédent et plaquette de la session). A cette occasion, j’ai présenté l’Association des Auditeurs, ses objectifs, ses effectifs, son fonctionnement et ses activités, remis une documentation (lettre de notre Président aux nouveaux auditeurs, triptyque d’information, deux dernières revues 3D et composition du CA) et indiqué qu’il y aurait une rencontre du CA de l’Association et des participants à la session au cours d’un proche module se déroulant à Lyon.

La fin de la première journée fut consacrée à une succession de « portraits croisés » où chaque participant s’est présenté indirectement. Moment riche de toutes les diversités possibles, moment créateur de convivialité, moment passionnant aussi par ses digressions entre autres sur les beautés de la région Bretagne ou Franche-Comté, la doctrine Saint-simonienne, la pratique du kayak, les dernières tractations au sein de la Commission sociale du Sénat, etc. 

 

 

Puis le lendemain,  les travaux de la session ont réellement démarré par deux interventions, très denses mais indispensables, concernant d’une part L’emploi et le chômage des jeunes (Béatrice Sedillot, DARES), d’autre pat Les jeunes générations face aux transformations de l’emploi (Florence Lefresne, IRES).  

 

 

Outre la synthèse des nombreuses données statistiques existantes, ces deux interventions et les débats qui ont suivi ont abordé pêle-mêle de nombreuses questions à propos de l’emploi des jeunes parmi lesquelles : 

  • - la persistance d’un phénomène majeur depuis 30 ans,
  • - la difficulté à l’appréhender, en soi et comparativement avec d’autres pays (« l’emploi des jeunes, ce n’est qu’un mot », a écrit le sociologue Bourdieu) 
  • - le mille-feuilles des contrats aidés ayant grosso modo les mêmes leviers (plus de 80 mesures repérées depuis les années 80 !), 
  • - le bilan en demi-teinte des politiques menées qui ont un faible impact contra-cyclique et contra-sélectif, créent moins de l’emploi que de nouvelles normes d’emploi,
  • - la pluralité des acteurs et leur difficile coordination, 
  • - l’allongement des parcours d’insertion et la précarisation grandissante des jeunes,
  • - le problème-clé de la formation initiale, laissant beaucoup de jeunes sans diplômes (120.000 par an environ).

Une sélection de livres et d’articles référents nous a également été communiquée.

 

Suite de ce feuilleton au prochain numéro comme on disait autrefois dans la presse…

 

Selon un rituel respecté à la lettre, les trois jours suivants furent précédés d’une restitution de ses propres travaux par chacun des groupes, restitution qui est compilée et mise à disposition sur le site de la session ainsi que les comptes-rendus de chaque intervention ou visite et les synthèses du groupe pour chaque module. Toute cette matière est destinée à conserver des traces, à nourrir la réflexion et à constituer peu à peu le contenu du colloque final et le texte du livre. Après cet exercice matinal de restitution, eurent lieu plusieurs interventions :

  • • L’une réalisée par Christian Papinot, sociologue, qui portait sur les nouvelles précarités et décortiqua les processus de travail intérimaire et d’intégration en entreprise. 
  • • Une seconde intervention faite par Béatrice Delay, également sociologue, et directrice du Carif-Oref Ile-de-France. Il s’agissait d’examiner comment est perçu le rapport au travail des jeunes  et de distinguer la part de réalité et de mythe parmi les opinions répandues sur un tel sujet. Pour résumer, les jeunes ont un niveau d’exigences et d’attentes concernant le travail, ils ne se désintéressent ni du salaire ni statut de l’emploi, ils sont attentifs à l’intérêt de l’activité, à l’ambiance, notamment relationnelle, aux opportunités de développement. L’articulation entre vie personnelle et vie professionnelle leur importe. S’ils veulent s’épanouir dans l’une et l’autre sphère, les jeunes entretiennent un « lien distancié et conditionnel à l’entreprise ». A la « communauté individualiste des anciens », a succédé l’« individualisme coopératif des jeunes ».  Sans doute que le niveau d’études plus élevé des jeunes, la forte valeur qu’ils accordent à la famille, leur refus de reproduire le modèle sacrificiel du travail, mais encore leur conscience aigüe du caractère aléatoire et réversible de la vie professionnelle les incitent à une telle attitude.

 

Ensuite, se sont déroulées les visites d’abord d’une entreprise, puis d’un centre de formation, elles  occupèrent la journée du lendemain. Deux moments non pas distincts, mais au contraire continus puisqu’ils permirent aux auditeurs de la session de suivre en détail le parcours de jeunes en alternance, à la fois du point de vue des apprentis eux-mêmes que de leur encadrement, aussi bien sur le tas, coachés par leurs maîtres d’apprentissage, au sein d’une filiale du groupe VEOLIA,  Dalkia (leader mondial des services énergétiques, assurant la maintenance énergétique de 123 500 installations, réalisant 8,3 Mds€ de chiffre d'affaires et employant  52 700 collaborateurs dans 40 pays) qu’en étude et en travaux pratiques sur les bancs du Campus VEOLIA, près de Lyon, un des 20 centres de formation que possède le groupe à travers le monde.

 

Le vendredi, ce premier module de la session s’est achevé par un exposé préparant les auditeurs  au voyage du module 2 qui aura lieu au Danemark, pays membre de l’Union européenne depuis 1973, mais hors zone euro. Sylvain Briens, maître de conférences en littérature scandinave, a notamment insisté sur quelques caractéristiques de ce petit pays (5,5 millions d’habitants en 2010) : 

  • - d’une part le régime social-démocrate institué au Danemark à partir des années 30,  soucieux du bien-être de ses habitants, de redistribution, d’éducation et de responsabilité citoyenne,  
  • - d’autre part le modèle danois de flexisécurité qui remonte à 1999 et a rénové le système social. Un système qui a d’abord amplement réussi, mais que la crise économique et financière internationale fragilise. « Ce modèle est-il encore adaptable et continuera-t-il d’être viable ? ». 

 

 

  1. 2. Module 2 de la session (3 au 10 novembre 2012) : voyage d’étude au Danemark.

 

On nous avait prédit un climat froid et rigoureux. Lorsque nous avons atterri le samedi à Copenhague, le temps était doux et ensoleillé, ce qui a permis à tous de profiter du week-end pour visiter la capitale et ses abords. Certains se sont même rendus en Suède, à Malmö, à moins d’une heure par navette ferroviaire. D’autres sont allés voir la Petite Sirène enlacée sur son rocher : ce conte d’Andersen est d’ailleurs à sa façon une métaphore de l’Etat-providence danois, qui pour gagner l’éternité doit veiller sans cesse sur les êtres humains. 

Copenhague ne manque pas de sites touristiques : palais royaux, églises, la Bourse dont le clocher est formé des queues de quatre dragons comme l’œil d’un cyclone perçant le ciel, vastes quais du port, tavernes à marins converties en brasseries à la mode, avenues tracées au carré, façades d’immeubles sobres et élégantes sans aucun rideau aux fenêtres, fourmillement de bicyclettes sur la chaussée, quartier libertaire de Christiania abritant squatters et commerces de cannabis, ou  musée d'art moderne Louisiana qui surplombe le détroit d’Øresund. Toute une multitude de détails qui auguraient de certains traits du pays : un territoire plus hétérogène qu’il n’y paraît,  niché au cœur de l’Europe mais de plus en plus soumis aux vents du large, un système qui soude fortement les citoyens, un souci du bien vivre ensemble, une transparence des rapports sociaux, enfin un équilibre strict des droits et des devoirs sociaux que vient parfois fissurer l’individualisme.

 

Dès 18h le dimanche, nous étions déjà au travail et la première réunion avec les auditeurs avait lieu pour organiser conférences et visites de la semaine. 

 

Le lundi,  Vincent Toussaint, conseiller économique à l’Ambassade de France au Danemark, son collaborateur, Philippe Martinez, et nous donnèrent quelques repères essentiels pour comprendre le contexte économique et social danois la couronne danoise est liée à l’euro (pas de dévaluation possible), la dépense publique représente 59% du PIB, le taux de prélèvement obligatoire s’élève 48% du PIB,  l’impôt sur le revenu est la première source de recette fiscale et il n’y a presqu’aucune charge sociale sur les entreprises, enfin  l’accord collectif prime sur la loi.

Furent ensuite décrits les trois piliers du système de flexisécurité, mis en place au début des années 2000 : assurance chômage généreuse (couverture jusqu’à 90% du dernier salaire et plafonné à 2150 euros par mois, sinon aide sociale de la commune aide sociale de la commune entre 800 et 1650 euros), flexibilité du marché du travail (facilité pour licencier, indemnités de licenciement faibles), activation des parcours des DE et formation.

Mais actuellement la sortie de crise s’avère laborieuse : croissance atone, forte hausse du chômage (passé de 3 à 8%), déficit public (solde public passé de +3% à -3%), dette publique en augmentation (passée de 27% à 46, 5%), éclatement de la bulle immobilière, fort endettement des ménages, secteur bancaire fragilisé, compétivité-prix érodée).

 

Le mardi, c’est ensemble, dans un parfait duo, que Karen ROIY,  la représentante de DA, (Confédération danoise des syndicats) et Christian Solyst, le représentant de LO (Confédération danoise des syndicats) nous présentèrent leur organisation respective. Oui, nous confièrent-ils, s’ils en avaient le désir, ils pourraient très bien évoluer dans leur propre carrière en passant du patronat au syndicalisme et vice et versa. Ils nous expliquèrent ensuite les modalités du  dialogue social au Danemark et nous brossèrent un premier tableau de l’emploi des jeunes.

 

Le mercredi, nous avons été reçus au ministère de l’Enfance et de l’Education par plusieurs experts, nous y avons abordé en détail les mécanismes du système d’éducation et de formation professionnelle danois : compétences dévolues aux différents  acteurs, modes de  financement et dispositifs de conseils et d’orientation. L’après-midi, visite d’un centre de formation et discussion avec des apprentis en graphisme publicitaire. Puis rencontre à l’hôtel de représentants des communes qui de plus en plus ont une responsabilité importante dans les solutions à trouver pour favoriser l’emploi des jeunes. 

 

Le jeudi matin, visite de l’entreprise Carlson Wagon Lit Travel, spécialisée dans les voyages d’affaires sous la conduite de la directrice générale de la filiale danoise, très au fait des questions de ressources humaines et de relations sociales. Une française qu’étonne toujours  certains traits culturels de la vie danoise : un fort souhait d’égalité, « des jeunes qui dans les familles sont des rois », un système hiérarchique très souple, ce code conduite qu’on appelle loi de Jante et prescrit que « nul ne doit croire qu’il serait spécial, plus malin que son voisin». Là aussi, rencontre d’une jeune femme récemment recrutée au siège de cette entreprise, nous expliquant sans détour comment s’est déroulée son intégration, nous dévoilant son parcours personnel de jeune à la recherche d’emploi, nous indiquant encore qu’elle est syndiquée pour entre autres bénéficier des avantages de la protection sociale. 

 

Le jeudi après-midi, des représentants de la Chambre de Commerce Danoise ont complété nos informations et nous avons pu leur poser nombre de questions auxquelles ils répondirent avec franchise : la Danemark connaît un problème de compétivité, les systèmes actuels d’éducation et de formation des jeunes ne sont plus efficaces.

 

Puis ce fut au tour de Søren Schultz Hansen, universitaire autrefois spécialisé dans les vampires et aujourd’hui consultant à la mode, de nous sensibiliser de façon ludique aux nouveaux comportements de la génération Y, qui baigne dans l’univers des téléphones portables et du web. 

 

Le vendredi, visite de l’entreprise MATAS, distributeur de produits de beauté et de santé. Après une présentation par le DG des principales données sur cette entreprise, le DRH et son équipe nous ont expliqué le processus de recrutement, d’intégration, de formation et d’avancement des jeunes recrues. 

 

 

L’après-midi, après avoir déjeuné dans une cantine d’entreprise au sommet d’une tour, trajet à pied au milieu des anciens abattoirs de la capitale transformés en zone de commerces et de loisirs pour nous rendre dans un job center spécialisé de l’accueil des jeunes chômeurs. Un trio de consultants dynamiques ne nous cache rien de l’ampleur du problème des jeunes, des difficultés qu’ils rencontrent, mais aussi des réussites qu’ils obtiennent.

 

Le module 2 se clôturera par une réception à l’Ambassade de France. Madame l’Ambassadeur, Véronique Bujon-Barre, accompagnée de son conseiller économique, nous reçoit dans le salon d’honneur du palais Thott, un hôtel particulier édifié au 17ème siècle et abritant de magnifiques tapisseries de la Manufacture des Gobelins. Trois auditeurs, un responsable du CJD,  une secrétaire confédérale de la CGT, et la directrice de l’apprentissage du Conseil Régional de Rhône-Alpes, se joignirent à Bernard Bailbé pour présenter les sessions de l’INTEFP et rapporter les premières impressions du groupe sur le Danemark, son système d’emploi et de formation et la situation des jeunes.

 

Ce rapport d’étonnement peut se résumer par quelques  observations : 

  • - L’importance du système de flexisécurité, reposant sur le triangle (prestations généreuses, licenciement facilité et répandu, activation forte des DE) et sur une tradition de confiance entre les partenaires sociaux.
  • - Les interrogations sur ce modèle qui a prouvé son succès jusqu’à la crise économique et financière mondiale.
  • - Un chômage des jeunes de 14%, inférieur à celui de la France (23%), mais le constat d’une jeunesse qui décroche.
  • - Un système de formation initiale qui devient moins efficace, en train d’être réformé.
  • - L’importance accordée à l’alternance pour les jeunes.
  • - La garantie pour les jeunes d’un revenu à l’âge adulte pour autant qu’ils acceptent une formation et/ou un emploi.

 

 

  1. 3. Module 3 (du 10 au14 décembre 2012 à Lyon) : génération Y, transformation du travail,  alternance, qualification et management de proximité.

 

L’après-midi  du lundi est d’abord consacrée  à la formalisation des constats, points de débats et axes de progrès établis à l’occasion des deux premiers modules et surtout à la confrontation des situations française et danoise en termes d’emploi et de travail de la jeunesse. Chacun des trois groupes d’auditeurs de la 32ème session présente la synthèse de son regard sur le Danemark. Moi-même je présente une analyse de leurs restitutions journalières à chaud quand nous séjournions au Danemark afin de faire miroir à leurs réflexions en cours.

C’est l’occasion de rappeler les buts poursuivis (la réalisation d’un colloque en juin, la rédaction d’un ouvrage chez Liaisons Sociales), d’affiner la méthode de travail et la grille d’analyse nécessaire à la valorisation de leurs premières conclusions. 

 

Le mardi, les travaux de la matinée sont centrées sur le thème de l’ integration dans l’entreprise et alternance à partir d’une présentation de Damien Brochier, Chef du Département Travail Emploi Professionnalisation au CEREQ. Furent analysés trois aspects de l’alternance : les modes de formation / de qualification/ de professionnalisation, les mode d'accès à l'emploi (notamment des jeunes les plus éloignés de l'emploi), les mode d'intégration dans l'entreprise. En dernier lieu, furent analysées les différentes formes d'alternance construites depuis 25 ans et les évolutions récentes en termes d'innovation et de pertinence, mais encore de jeux des acteurs ?

Alain Maury, directeur de Projets à Entreprise & Personnel, présent ensuite une revue d’experience sur le rôle, l’engagement et les marges de manœuvre du management de proximité de l’encadrement et des managers de proximite dans l’integration des jeunes dans l’entreprise. 

 

L’après-midi du mardi se déroule au Technicentre SNCF de Gerland près de Lyon où est assurée l’entretien et la maintenance des TGV. Après une présentation de l’activité par le directeur du centre et son adjoint, le premier cheminot qui a monté tous les échelons de l’entreprise, le second jeune polytechnicien, suit une visite impressionnante d’hangars immenses où étaient rangés des rames de TGV et où sur les toits, sous les châssis et dans les compartiments s’affairent différents métiers, notamment de jeunes apprentis. Des échanges ont lieu tant avec le management de proximité, les représentants du personnel que des jeunes salariés.

Sous forme de conférence-buffet, la soirée est consacrée à la préparation du voyage au Chili. Rodrigo Torres, doctorant en sciences politiques, à Paris 1 Panthéon Sorbonne : données économiques, évolution de la situation poltique, mouvements de contestation des jeunes, etc.

 

Le mercredi matin, Patricia Vendramin, codirectrice du Centre de Recherche de la FTU (Fondation Travail-Université) et professeur à l’Université de Louvain la Neuve expose quelles sont  les transformations actuellement à l’oeuvre au sein des entreprises sous l’angle du travail et des rapports socio-professionnels : question du genre, brouillage des positionnements générationnels, rapport au collectif.

L’après-midi est l’occasion donnée à trois participants de la 32ème session de présenter un sujet lié au thème d’emploi et du travail des jeunes et concrétisé par leur propre expérience professionnelle Valentine Tuloup et Audrey Gourovitchesponsable, toutes deux directrice des ressources humaines dans des entreprises de services aux entreprises, la première chez Imatechnologies, spécialisée dans la relation client, la seconde chez AGISCOM, spécialisée dans les télécommunications, présentent les activités de leur société, son modèle économique, sa démarche de performance globale et précisèrent quelle incidence a son fonctionnement sur l’integration, la fidelisation et la mobilisation des jeunes générations au travail ?

Ces témoignages d’auditeurs sont complétés par la conférence-débat que Rémy Savary, directeur du Groupe Formation à la Chambre de Commerce et d’Industrie de Nîmes, donne habituelllement à des patrons  sur le thème : des managers en quête de repères face à la génération Y (ou encore digital natives ou bien net generation). 

Lors de la matinée du jeudi, la parole est donnée à nouveau à trois participants de la 32ème session : David Béviere, chef de service analyse des besoins, orientation et PRDF, à la direction Formation Apprentissage Enseignement supérieur du Conseil régional Poitou-Charentes , ex directeur de la mission locale du Poitou, Anne Aubert, vice présidente de l’Université de la Rochelle et Véronique Legall-Breuzin, membre de la task force déploiement des contrats d’avenir au Cabinet de Michel Sapin. De leur point de vue respectif et chacun à son tour, ils planchent sur les activités d’accueil, information, orientation, accompagnement, mediation ans le parcours d’un jeune et les evolutions qu’ils discernent dans les modes d’intervention, de coordination et de coopération des différents acteurs. 

Durant l’après-midi, la session se rend chez Acti agence digitale, spécialisée en communication digitale et mobile et en plein cœur, se définissant comme fun et pro et évoluant dans un esprit Silicon Valley. Une rencontre animée avec Laurent Constantin, le PDG fondateur, leader et concepteur doué d’un fort charisme, une visite des locaux et des échanges avec les salariés, de jeunes internautes concevant des sites ou des publicités sur la toile. Comment justement une entreprise de nouvelle génération fonctionnent  avec les jeunes generations ? Tel fut le fil conducteur de cette visite. 

Le vendredi, dernier jour du module, c’est José Rose, professeur de sociologie à l’Université de ProvenceLaboratoire d’Economie et de sociologie du Travail (LEST) qui aborde le thème de la qualification. Quand on parle de requalifier le travail, que veut-on dire : travail non qualifié, personnes peu qualifiées ou emplois sous qualifiés ?

 

Ce module a ainsi permis d’approfondir les dimensions génération Y, transformation du travail,  alternance, qualification et management de proximité à la fois d’un point de vue thérique et à la lumière de plusieurs expériences de terrain

 

 

  1. 4. Module 4  au Chili du 12 au 20 janvier 2013 :

 

Pourquoi le Chili ? Parce qu’a contrario du Danemark, c’est un pays quelque part neuf où l’optimisme règne, qui fonctionne avec une économie ultralibérale et une croissance continue, qui connaît des problèmes vec sa jeunesse mais d’une autre nature.

 

Le dimanche, jour de notre arrivée, permet de flâner dans les rues de Santiago, ancienne capitale coloniale et ville champignon dominée par la Cordillère des Andes et non loin des bords du Pacifique, qui rassemble plus d’un tiers des habitants du pays. C’est une ville éclatée avec un centre, quadrillé d’avenues et aéré par de larges plazzas, dont les emblèmes sont  le palais de la Moneda, de style néoclassique et siège de la Présidence, la cathédrâle de l'Assomption de la très sainte Vierge de style baroque, datant du 18ème siècle s’étirant le long d’une nef immense et brillant de tous ses ors, le Marché central, construction métallique du 19ème siècle aec un toit en forme de pagode ainsi que par des buildings américains du début du 20ème siècle. A la périhérie de la vieille ville, des quartiers d’une grande diversité, tantôt des demeures élégantes, tantôt des immeubles à l’architecture moderne ou encore des bidonvilles. 

Dès cette première soirée au Chili, dans notre hôtel, a lieu la première séance de travail pour examiner en détail le programme de la semaine.

 

Le lundi matin, le représentant d’Ubifrance, nous dresse un portait économique et social du Chili : 

  • - ce pays a des caractéristiques géographiques singulières, long de 4000 km et coincé entre la cordillère des Andes et le Pacifique, avec au Nord une région au climat âpre mais riche de ses mines de cuivre (1er exportateur mondial) et au Sud une région agricole et piscicole (1er exportateur de saumon).
  • - sixième économie latino-américaine en termes de PIB, c’est « un pays d’extraction », vivant sur ses richesses naturelles et les transformant relativement peu, mais qui a su se maintenir depuis une vingtaine d’années à un taux de froissance autour de 4/5%, dont les finances publiques sont saines. 
  • - c’est un pays complétement ouvert à la mondialisation, qui connaît à la fois un léger chômage et des tensions sur le marché du travail. Dans son rapport, l’OCDE pointe trois défauts dans le fonctionnement de cette économie : des inégalités très fortes (supportables parce que tout le monde a profité de la croissance, même si les inégalités se sont accrues), un manque de productivité, un système d’éducation très mal en point.

A la suite, une consultant de la chambre de commerce franco-chilienne et deux économistes décrivent les évolutions actuelles du travail au Chili et les impacts sur l’emploi des jeunes : lecture critique des données gouvernementales, inefficacité des mesures destinées aux plus démunis, contestation grandissante de la contestation des jeunes qui luttent conre la privatisation du système universitaire et ont à leur tête une passionnara Camila Vallejo dont la renommée dépasse les frontières. 

L’après-midi, c’est au tour du ministère du travail et de l’emploi d’expliquer la situation sociale du pays. Le directeur du SENCE (Service national de formation et de l’emploi) décrit les différentes structures du ministère et les programmes d’intervention du ministère.

Puis une sociologue  nous initie à la compréhension du marché de l’emploi chilien, la soustraitance y ayant une ampleur inimaginable et exonérant les grandes entreprises de toute respsabilité sociale et éparpillant le collecif de travail. Pour plus de clarté, nous parlerons entre nous de sous-contractualisation (délégation dans une entreprise des contrats du travail à de multiples intermédiaires). Cette situation de sustraitance généralisée apparaît à la conférencière particulièrement préjudiciable dans la construction des parcours et la protection sociale des salariés, notament les jeunes. 

Enfin Cristian CUEVAS, président de la confédération des travailleurs du cuivre (CTC), aux allures de révolutionnaire romantique, nous décrit les luttes de son syndicat.

 

Le mardi, nous nous rendons au siège de la  CONUPIA (Confédération  nationale des moyennes et petites entreprises de micro industries et de services et d’artisanat du Chili). Quatre dirigeants qui représentent chacun, comprenons-nous, une nuance de la palette plitique du pays nous décrivent le poids important des PME dans l’économie chilienne et dans l’emploi, leur action en matière d’emploi et de formation professionnelle des jeunes, leur relation avec les syndicats de salariés plus étroite qu’il n’y paraîtrait et le mépris réciproque qui existe entre grandes entreprises et TPE. 

L’après-midi est consacrée au thème de l’insertion des jeunes sans qualification dans les entreprises, nous recevons à notre hôtel une nombreuse délégation de l’organisme de formtion CFI chileno frances dont le président et le directeur général. Sont abordés plusieurs sujets concrets : le programme de « formacion para el Trabajo », mesure phare du ministère, les besoins des entreprises, l’action des organismes de formation du réseau FORJAR (regroupement d’opérateurs du programme « formacion para el Trabajo »).

 

Le mercredi, nous rencontrons à son siège, près du palais de la Moneda, des représentants de la Confédération unitaire des Travailleurs CUT, pricipal syndicat chilien. L’échange porte sur les libertés syndicales et la violence policière, les limites conséquentes aux  activités syndicales et à la négociation collective, la situation des jeunes sur le marché du travail, en dernier lieu la syndicalisation des jeunes et le mouvement étudiant. Car pourquoi la jeunesse s’exprime-t-elle selon des formes qui dépassent le cadre institutionnel ?

L’après-midi, a lieu en banlieue de Santiago la visite de l’entreprise HOME CENTER (secteur de la grande distribution équivalent à Castorama ou Bricorama). Les échanges sont approfondis sur tout ce qui concerne la politique RH, le mode recrutement, les conditions de travail, la nature des contrats de travail, la protection sociale tour à tour avec le DRH, son équipe, les formateurs internes, le directeur du magasin, l’encadrement de proxilité et surtout des jeunes employés, femmes ou hommes. 

 

Le jeudi matin, rencontre de Thibault Vautier, directeur général  d’ADECCO Chili.  Il nous présente l'activité de son entreprise (intérim et recrutement), la politique RH qu’il développe et nous décrit le panorama de l’intérim, de la sous-traitance et de la sous-contractualisation au Chili et bien sûr les problématiques liées à la jeunesse. De son point de vue, c’est un pays dynamique, où les gens ont la pêche , qui connaît des difficultés de recrutement. C’est un pays aussi dont une élite tient les manettes et où les inégalités sont importantes. 

L’après-midi, deux chercheurs en sciences sociales viennent nous parler des trajectoires professionnelles, des aspirations et des rapports au travail.des jeunes chiliens.

 

Le vendredi, nous partons très tôt en bus à Valparaiso, port à la magie inoubliable, maisons aux murs peint de couleurs vives nichés sur une anse et donnant sur le Pacifique. Nous y visitons deux centes de formation, l’un spécialisée dans différents métiers du tertiaire, l’autre dans la restauration. C’est dans ce dernier que nous déjeunerons autour d’un buffet tandis qu’un orchestre et des danseurs en habits traditonnels nous feront connaître des airs et des pas tantôt endiablés tantôt nostalgiques.

 

  1. 5. module 5 (du 18 au 22 février 2013) : clôture des travaux

 

Ce dernier module était composé de plusieurs séquences : 

  • • table ronde avec les partenaires sociaux (le mardi en matinée) 

Cette table-ronde a fait suite à la signature du récent ANI et portant sur le thème suivant : Les jeunes générations face aux transformations de l’emploi et du travail, un enjeu de dialogue social : Quels leviers d’action pour une sécurisation des parcours professionnels des jeunes ? Comment repenser les relations intergénérationnelles et l’intégration des jeunes en entreprise ?

Animée par Claude-Emmanuel Triomphe, délégué général Astrées et directeur de la rédaction de Metis, la table-ronde était composée de : Cécile Cottereau, secrétaire confédérale CFDT (en charge de la sécurisation des parcours professionnels, de l’emploi des seniors et de la GPEC), Isabelle Depuydt, conseillère confédérale CGT (activité emploi, espace revendicatif), Stéphane Lardy, secrétaire confédéral FO (en charge du secteur Emploi, Chômage, Formation), Marie Françoise Leflon, secrétaire nationale CFE CGC ( pôle emploi), Yves Razzoli, membre du bureau confédéral CFTC et Président de la Fédération Protection sociale et Emploi, Geneviève ROY, vice-présidente CGPME (en charge des affaires sociales), Houria Sandal-Aouimeur, directrice déléguée chargée des  relations sociales au MEDEF.

  • • Intervention de l’ANACT afin de présenter un outil de diagnostic territorial (projet ATTLAS) : comment produire des diagnostics partagés via un dispositif d’enquête collaborative ? (Jack Bernon, responsable du département Santé et Travail, ANACT et Vincent Mandinaud, chargé de mission "Territoire et attractivité des entreprises") 

 

  • • Tes travaux de préparation du colloque (Ateliers de l’INTEFP le 6 juin 2013) et d’un ouvrage qui sera édité dans la collection Liaisons Sociales (parution début 2014).

Ces travaux se sont déroulés de la manière suivante : capitalisation des apports de la session et propositions de 4 sujets / axes de progrès, création d’un groupe de travail autour de chaque axe-clé, formalisation des propositions et arguments, inventaire des matériaux disponibles (apports, restitutions et synthèses, compte rendus), constitution du comité de rédaction,  rédaction des fiches projets, construction des différentes séquences du colloque, modalités d’animation, repérage des intervenants potentiels, présentation des fiches projets et répartition des travaux, validation du plan de l’ouvrage collectif et du programme des Ateliers, calendrier et coordination des travaux de préparation.

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