samedi 19 janvier 2019

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Programme de travail de la 32ème session nationale de l’INTEFP

 

  1. 1. Module 1 (du 17 au 21 septembre 2012) :

Pour mémoire, la 32ème  session nationale de l’INTEFP est consacrée au thème suivant : Les jeunes générations face aux transformations de l’emploi et du travail

Ce lundi 17 septembre, c’était l’accueil des auditeurs de la 32ème session : le bus toujours au même endroit à la gare Perrache, la traversée de Lyon, le chantier pharaonique du nouveau musée des Confluences à la croisée du Rhône et de la Saône (pour l’heure un squelette de dinosaure qu’on aurait déterré et quand il sera achevé une sorte de nuage de verre flottant au-dessus du fleuve), puis l’arrivée à Marcy l’Etoile, la distribution des chambres joliment et confortablement rénovés, et toujours quelques lapins batifolant sur les pelouses.

 

Le premier module a été officiellement ouvert par Bernard Bailbé. Le directeur de L’INTEFP a rappelé les missions de l’INTEFP : école professionnelle, lieu de recherche opérationnelle, conception et réalisation des sessions nationales. Il a évoqué le changement de méthode affiché par le gouvernement à l’occasion de la Conférence sociale de juillet dernier, soulignant que le temps de dialogue est un temps efficace et que l’utilité des sessions s’en trouve ainsi réaffirmée. Puis il a insisté sur les engagements qu’impliquait la participation à la session et dit quelques mots sur l’existence et le rôle de l’Association des Auditeurs. Temps de rigueur financière oblige, le partage d’une chambre d’hôtel pendant les voyages à l’étranger revient à l’ordre du jour.  

Claire Boiteux présenta ensuite le contenu de la session et les méthodes de travail préconisées. A noter à cet égard une check-list utile pour faire un compte-rendu et une synthèse; il a été établi par le Conseil scientifique et pourrait être transférable à nos propres activités ; il s’attache à discerner ce qu’on a retenu d’une intervention ou d’une visite (les points-clés), quel était le message intentionnel de l’intervenant, les constats convergents et divergents des participants à travers leurs échanges et les axes de progrès identifiés. 

Puis ce fut au tour du Conseil scientifique de se présenter (cf. CR précédent et plaquette de la session). A cette occasion, j’ai présenté l’Association des Auditeurs, ses objectifs, ses effectifs, son fonctionnement et ses activités, remis une documentation (lettre de notre Président aux nouveaux auditeurs, triptyque d’information, deux dernières revues 3D et composition du CA) et indiqué qu’il y aurait une rencontre du CA de l’Association et des participants à la session au cours d’un proche module se déroulant à Lyon.

La fin de la première journée fut consacrée à une succession de « portraits croisés » où chaque participant s’est présenté indirectement. Moment riche de toutes les diversités possibles, moment créateur de convivialité, moment passionnant aussi par ses digressions entre autres sur les beautés de la région Bretagne ou Franche-Comté, la doctrine Saint-simonienne, la pratique du kayak, les dernières tractations au sein de la Commission sociale du Sénat, etc. 

Puis le lendemain,  les travaux de la session ont réellement démarré par deux interventions, très denses mais indispensables, concernant d’une part L’emploi et le chômage des jeunes (Béatrice Sedillot, DARES), d’autre pat Les jeunes générations face aux transformations de l’emploi (Florence Lefresne, IRES).   

Outre la synthèse des nombreuses données statistiques existantes, ces deux interventions et les débats qui ont suivi ont abordé pêle-mêle de nombreuses questions à propos de l’emploi des jeunes parmi lesquelles : 

  • - la persistance d’un phénomène majeur depuis 30 ans,
  • - la difficulté à l’appréhender, en soi et comparativement avec d’autres pays (« l’emploi des jeunes, ce n’est qu’un mot », a écrit le sociologue Bourdieu) 
  • - le mille-feuilles des contrats aidés ayant grosso modo les mêmes leviers (plus de 80 mesures repérées depuis les années 80 !), 
  • - le bilan en demi-teinte des politiques menées qui ont un faible impact contra-cyclique et contra-sélectif, créent moins de l’emploi que de nouvelles normes d’emploi,
  • - la pluralité des acteurs et leur difficile coordination, 
  • - l’allongement des parcours d’insertion et la précarisation grandissante des jeunes,
  • - le problème-clé de la formation initiale, laissant beaucoup de jeunes sans diplômes (120.000 par an environ).

Une sélection de livres et d’articles référents nous a également été communiquée. 

Suite de ce feuilleton au prochain numéro comme on disait autrefois dans la presse…

 

Selon un rituel respecté à la lettre, les trois jours suivants furent précédés d’une restitution de ses propres travaux par chacun des groupes, restitution qui est compilée et mise à disposition sur le site de la session ainsi que les comptes-rendus de chaque intervention ou visite et les synthèses du groupe pour chaque module. Toute cette matière est destinée à conserver des traces, à nourrir la réflexion et à constituer peu à peu le contenu du colloque final et le texte du livre. Après cet exercice matinal de restitution, eurent lieu plusieurs interventions :

  • • L’une réalisée par Christian Papinot, sociologue, qui portait sur les nouvelles précarités et décortiqua les processus de travail intérimaire et d’intégration en entreprise. 
  • • Une seconde intervention faite par Béatrice Delay, également sociologue, et directrice du Carif-Oref Ile-de-France. Il s’agissait d’examiner comment est perçu le rapport au travail des jeunes  et de distinguer la part de réalité et de mythe parmi les opinions répandues sur un tel sujet. Pour résumer, les jeunes ont un niveau d’exigences et d’attentes concernant le travail, ils ne se désintéressent ni du salaire ni statut de l’emploi, ils sont attentifs à l’intérêt de l’activité, à l’ambiance, notamment relationnelle, aux opportunités de développement. L’articulation entre vie personnelle et vie professionnelle leur importe. S’ils veulent s’épanouir dans l’une et l’autre sphère, les jeunes entretiennent un « lien distancié et conditionnel à l’entreprise ». A la « communauté individualiste des anciens », a succédé l’« individualisme coopératif des jeunes ».  Sans doute que le niveau d’études plus élevé des jeunes, la forte valeur qu’ils accordent à la famille, leur refus de reproduire le modèle sacrificiel du travail, mais encore leur conscience aigüe du caractère aléatoire et réversible de la vie professionnelle les incitent à une telle attitude.

 

Ensuite, se sont déroulées les visites d’abord d’une entreprise, puis d’un centre de formation, elles  occupèrent la journée du lendemain. Deux moments non pas distincts, mais au contraire continus puisqu’ils permirent aux auditeurs de la session de suivre en détail le parcours de jeunes en alternance, à la fois du point de vue des apprentis eux-mêmes que de leur encadrement, aussi bien sur le tas, coachés par leurs maîtres d’apprentissage, au sein d’une filiale du groupe VEOLIA,  Dalkia (leader mondial des services énergétiques, assurant la maintenance énergétique de 123 500 installations, réalisant 8,3 Mds€ de chiffre d'affaires et employant  52 700 collaborateurs dans 40 pays) qu’en étude et en travaux pratiques sur les bancs du Campus VEOLIA, près de Lyon, un des 20 centres de formation que possède le groupe à travers le monde.

 

Le vendredi, ce premier module de la session s’est achevé par un exposé préparant les auditeurs  au voyage du module 2 qui aura lieu au Danemark, pays membre de l’Union européenne depuis 1973, mais hors zone euro. Sylvain Briens, maître de conférences en littérature scandinave, a notamment insisté sur quelques caractéristiques de ce petit pays (5,5 millions d’habitants en 2010) : 

  • - d’une part le régime social-démocrate institué au Danemark à partir des années 30,  soucieux du bien-être de ses habitants, de redistribution, d’éducation et de responsabilité citoyenne,  
  • - d’autre part le modèle danois de flexisécurité qui remonte à 1999 et a rénové le système social. Un système qui a d’abord amplement réussi, mais que la crise économique et financière internationale fragilise. « Ce modèle est-il encore adaptable et continuera-t-il d’être viable ? ».