samedi 19 janvier 2019

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  1. 4. Module 4  au Chili du 12 au 20 janvier 2013 :

Pourquoi le Chili ? Parce qu’a contrario du Danemark, c’est un pays quelque part neuf où l’optimisme règne, qui fonctionne avec une économie ultralibérale et une croissance continue, qui connaît des problèmes vec sa jeunesse mais d’une autre nature.

Le dimanche, jour de notre arrivée, permet de flâner dans les rues de Santiago, ancienne capitale coloniale et ville champignon dominée par la Cordillère des Andes et non loin des bords du Pacifique, qui rassemble plus d’un tiers des habitants du pays. C’est une ville éclatée avec un centre, quadrillé d’avenues et aéré par de larges plazzas, dont les emblèmes sont  le palais de la Moneda, de style néoclassique et siège de la Présidence, la cathédrâle de l'Assomption de la très sainte Vierge de style baroque, datant du 18ème siècle s’étirant le long d’une nef immense et brillant de tous ses ors, le Marché central, construction métallique du 19ème siècle aec un toit en forme de pagode ainsi que par des buildings américains du début du 20ème siècle. A la périhérie de la vieille ville, des quartiers d’une grande diversité, tantôt des demeures élégantes, tantôt des immeubles à l’architecture moderne ou encore des bidonvilles. 

Dès cette première soirée au Chili, dans notre hôtel, a lieu la première séance de travail pour examiner en détail le programme de la semaine.

Le lundi matin, le représentant d’Ubifrance, nous dresse un portait économique et social du Chili : 

  • - ce pays a des caractéristiques géographiques singulières, long de 4000 km et coincé entre la cordillère des Andes et le Pacifique, avec au Nord une région au climat âpre mais riche de ses mines de cuivre (1er exportateur mondial) et au Sud une région agricole et piscicole (1er exportateur de saumon).
  • - sixième économie latino-américaine en termes de PIB, c’est « un pays d’extraction », vivant sur ses richesses naturelles et les transformant relativement peu, mais qui a su se maintenir depuis une vingtaine d’années à un taux de froissance autour de 4/5%, dont les finances publiques sont saines. 
  • - c’est un pays complétement ouvert à la mondialisation, qui connaît à la fois un léger chômage et des tensions sur le marché du travail. Dans son rapport, l’OCDE pointe trois défauts dans le fonctionnement de cette économie : des inégalités très fortes (supportables parce que tout le monde a profité de la croissance, même si les inégalités se sont accrues), un manque de productivité, un système d’éducation très mal en point.

A la suite, une consultant de la chambre de commerce franco-chilienne et deux économistes décrivent les évolutions actuelles du travail au Chili et les impacts sur l’emploi des jeunes : lecture critique des données gouvernementales, inefficacité des mesures destinées aux plus démunis, contestation grandissante de la contestation des jeunes qui luttent conre la privatisation du système universitaire et ont à leur tête une passionnara Camila Vallejo dont la renommée dépasse les frontières. 

L’après-midi, c’est au tour du ministère du travail et de l’emploi d’expliquer la situation sociale du pays. Le directeur du SENCE (Service national de formation et de l’emploi) décrit les différentes structures du ministère et les programmes d’intervention du ministère.

Puis une sociologue  nous initie à la compréhension du marché de l’emploi chilien, la soustraitance y ayant une ampleur inimaginable et exonérant les grandes entreprises de toute respsabilité sociale et éparpillant le collecif de travail. Pour plus de clarté, nous parlerons entre nous de sous-contractualisation (délégation dans une entreprise des contrats du travail à de multiples intermédiaires). Cette situation de sustraitance généralisée apparaît à la conférencière particulièrement préjudiciable dans la construction des parcours et la protection sociale des salariés, notament les jeunes. 

Enfin Cristian CUEVAS, président de la confédération des travailleurs du cuivre (CTC), aux allures de révolutionnaire romantique, nous décrit les luttes de son syndicat.

 

Le mardi, nous nous rendons au siège de la  CONUPIA (Confédération  nationale des moyennes et petites entreprises de micro industries et de services et d’artisanat du Chili). Quatre dirigeants qui représentent chacun, comprenons-nous, une nuance de la palette plitique du pays nous décrivent le poids important des PME dans l’économie chilienne et dans l’emploi, leur action en matière d’emploi et de formation professionnelle des jeunes, leur relation avec les syndicats de salariés plus étroite qu’il n’y paraîtrait et le mépris réciproque qui existe entre grandes entreprises et TPE. 

L’après-midi est consacrée au thème de l’insertion des jeunes sans qualification dans les entreprises, nous recevons à notre hôtel une nombreuse délégation de l’organisme de formtion CFI chileno frances dont le président et le directeur général. Sont abordés plusieurs sujets concrets : le programme de « formacion para el Trabajo », mesure phare du ministère, les besoins des entreprises, l’action des organismes de formation du réseau FORJAR (regroupement d’opérateurs du programme « formacion para el Trabajo »).

Le mercredi, nous rencontrons à son siège, près du palais de la Moneda, des représentants de la Confédération unitaire des Travailleurs CUT, pricipal syndicat chilien. L’échange porte sur les libertés syndicales et la violence policière, les limites conséquentes aux  activités syndicales et à la négociation collective, la situation des jeunes sur le marché du travail, en dernier lieu la syndicalisation des jeunes et le mouvement étudiant. Car pourquoi la jeunesse s’exprime-t-elle selon des formes qui dépassent le cadre institutionnel ?

L’après-midi, a lieu en banlieue de Santiago la visite de l’entreprise HOME CENTER (secteur de la grande distribution équivalent à Castorama ou Bricorama). Les échanges sont approfondis sur tout ce qui concerne la politique RH, le mode recrutement, les conditions de travail, la nature des contrats de travail, la protection sociale tour à tour avec le DRH, son équipe, les formateurs internes, le directeur du magasin, l’encadrement de proxilité et surtout des jeunes employés, femmes ou hommes. 

Le jeudi matin, rencontre de Thibault Vautier, directeur général  d’ADECCO Chili.  Il nous présente l'activité de son entreprise (intérim et recrutement), la politique RH qu’il développe et nous décrit le panorama de l’intérim, de la sous-traitance et de la sous-contractualisation au Chili et bien sûr les problématiques liées à la jeunesse. De son point de vue, c’est un pays dynamique, où les gens ont la pêche , qui connaît des difficultés de recrutement. C’est un pays aussi dont une élite tient les manettes et où les inégalités sont importantes. 

L’après-midi, deux chercheurs en sciences sociales viennent nous parler des trajectoires professionnelles, des aspirations et des rapports au travail.des jeunes chiliens.

Le vendredi, nous partons très tôt en bus à Valparaiso, port à la magie inoubliable, maisons aux murs peint de couleurs vives nichés sur une anse et donnant sur le Pacifique. Nous y visitons deux centes de formation, l’un spécialisée dans différents métiers du tertiaire, l’autre dans la restauration. C’est dans ce dernier que nous déjeunerons autour d’un buffet tandis qu’un orchestre et des danseurs en habits traditonnels nous feront connaître des airs et des pas tantôt endiablés tantôt nostalgiques.