vendredi 15 décembre 2017

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Les jeunes générations sont les premières victimes de la crise écono- mique avec des taux de chômage, des jeunes actifs, records: 21,8% en France, 22,6 % en moyenne au sein des pays de l’UE (Eurostats 2012). Les principales difficultés se caractérisent par: un chômage de longue durée pour les plus jeunes sans qualification, une plus longue précarité notamment pour les femmes, une paupérisation y compris chez les plus diplômés, un déclassement, des inégalités de plus en plus fortes au sein d’une même génération, une concurrence sur le marché du travail. La crise se prolonge et les impacts négatifs à long terme sur l’avenir professionnel et social de toute une génération sont réels (rapports 2011 de l’OCDE et du BIT).

L’ensemble des pays de l’UE et de l’OCDE ainsi que les économies émergentes en Asie et en Amérique Latine doivent faire face à des enjeux de cohésion sociale et de risques économiques, mais aussi de risque démocratique.

En Europe, ces difficultés s’inscrivent, d’une part, dans un contexte d’évolution démographique marqué par le vieillissement de la popu- lation, des besoins accrus en financements des systèmes de protec- tion sociale et, d’autre part, dans un contexte de mondialisation où la concurrence pousse les entreprises vers une plus grande flexibilité avec un développement des formes atypiques d’emploi et des mobili- tés professionnelles. Cette recherche de compétitivité et d’innovation transforme le contenu du travail, les formes de mobilisation des res- sources humaines et les frontières entre apprendre et travailler.

Porteuses d’évolutions culturelles et sociétales importantes, les jeunes générations ont un comportement au travail loin des standards des générations précédentes. Leur rapport au travail reste largement à décrypter: de formation supérieure aux générations précédentes, elles ont été élevées dans une société numérique et ont grandi avec la mon- dialisation et la montée en puissance des préoccupations environne- mentales.

 

La 32ème session nationale propose d’analyser ces tensions autour de 3 dimensions

Le parcours d’insertion vers l’emploi durable et l’autonomie

Le franchissement des étapes depuis la fin de la scolarité jusqu’à l’intégration dans l’entreprise permettant une autonomie financière et résidentielle est devenu plus long et compliqué. Tous les pays sont confrontés au même défi: les mesures de politiques publiques pour y répondre sont diverses: elles visent à encourager la demande de travail, à encourager la formation initiale et continue (apprentissage et alternance) ou encore à renforcer les dispositifs d’orientation et d’accompagnement. Des mesures particulières portent sur la protection sociale dans certains pays. L’efficacité de ces leviers sur la sécurisation des parcours est dépendante des modèles d’insertion et des accords entre partenaires sociaux. La France reste marquée par une gestion linéaire et segmentée des parcours professionnels: « se former d’abord, travailler après », une prédominance du diplôme dans l’accès à l’emploi, une orientation précoce et difficilement réversible. Elle se distingue par une gouvernance et une coordination complexe des dispositifs de formation, d’emploi et d’insertion professionnelle qui posent de manière récurrente la question de la responsabilité des différents acteurs (rôle de l’État, des partenaires sociaux, des entreprises, des collectivités territoriales et des opérateurs). La multiplicité, les modes de coopération et de mise en cohérence des structures et des dispositifs d’accueil, d’information, d’orientation, d’accompagnement dans l’action sont des sujets de pré- occupations permanentes notamment au niveau des territoires.

Quels enseignements  tirer  d’une  analyse  comparative  européenne et internationale sur les équilibres entre les mesures d’urgence et les politiques structurelles et entre politiques spécifiques et politiques globales; sur l’efficacité à court et à long terme des mesures prises, sur les compromis sociaux concernant la prise en charge des questions d’insertion professionnelle? Quels sont les approches, les expériences, les modes opératoires qui permettent de retrouver des marges de ma- nœuvre pour l’ensemble des acteurs dans des contextes contraints ?

 

L’intégration dans l’entreprise, le rapport au travail et les formes de mobilisation au travail

Le rapport au travail des nouvelles générations est marqué par les conditions d’insertion professionnelle mais d’autres dimensions interviennent. Elles abordent les entreprises à un tournant de l’histoire et n’ont pas connu les transitions antérieures. Elles ont intériorisé le climat d’incertitude, la flexibilité et la compétition mais en réclament les contre parties.En phase avec certains codes des entreprises contemporaines, elles prennent également à contre pied les règles, les modes d’expression et de communication institués. Alors que des entreprises cherchent à fidéliser, les processus d’intégration peuvent être difficiles. Ce phénomène concerne des jeunes de tout niveau de formation et des entreprises très différentes. Il interroge les chefs d’entreprises, le management, les DRH mais aussi les responsables d’organismes de formation et des services à l’emploi, d’orientation et d’accompagnement.

De manière plus large, les questions portent sur les attentes et les exigences des jeunes générations vis-à-vis de l’entreprise, le rapport au travail et à l’entreprise, leur rapport à la hiérarchie, les relations entre les générations, les potentiels qu’offriraient leur maîtrise et leurs usages des modes de communications numériques dans un contexte professionnel.Que peut-on rapporter de l’expérience et de l’engagement au travail des jeunes générations selon la diversité des entreprises et des situa- tions personnelles? Quelles transformations à venir dans la mobilisa- tion au travail peut-on observer au prisme des jeunes générations tant du côté du salariat que de l’entreprendrait ? Comment les différents acteurs sociaux, les décideurs, s’emparent-ils aujourd’hui de ces questions ? Quels sont les risques et les opportunités de ces transformations croisées ? En quoi la montée en puissance des nouveaux secteurs, des systèmes d’informations et de communications numériques et des modèles d’entreprise 2.0. peuvent-ils être des domaines prospectifs sur ces questions ?

 

L’emploi et le travail des jeunes générations : un enjeu de dialogue économique, social, sociétal et un défi collectif 

Comment et à quelles conditions, les modes de dialogue, de concertation et de coopération dans les domaines économiques et sociaux pourraient-ils se renouveler entre les différents acteurs engagés depuis des années sur ce chantier pour apporter des réponses nouvelles aux difficultés d’insertion des jeunes au niveau des entreprises et des territoires ? Quels ressorts permettraient de sortir des jeux traditionnels d’acteurs et de repenser les périmètres de responsabilité de chacun (entreprises, État, collectivités territoriales, partenaires sociaux, corps intermédiaires, société civile) qui devront être collectivement redéfinis au regard des enjeux que chacun sera en mesure d’assumer ?

Quels renouvellements du management, de la gestion des ressources humaines, des systèmes de formation et des modes de régulation du travail internes et externes seront-ils nécessaires pour accompagner les transformations des entreprises vers de nouveaux modèles de croissance et de compétitivité capables de transformer les jeunes générations facteurs de risques en facteurs de performance et d’épanouissement ?

Quels renouvellements des modes de représentations, d’expres- sion et de dialogue social, quelles évolutions des pratiques et des positionnements seront susceptibles d’assurer à terme la relève démographique des partenaires sociaux et de correspondre aux modes d’engagement des jeunes générations ?