vendredi 14 décembre 2018

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35ème session nationale

TITRE 35 SN Version2

LE NUMÉRIQUE, DE QUOI PARLE-T-ON ? 

Dans les années 1990, l’aventure internet a commencé ouvrant la porte vers un vaste espace virtuel de communication, un réseau mondial d’une forte densité, de rencontres, d’accès, de partages, de production de connaissances et de sources d’information. Avec le développement du « smartphone » et des tablettes, qui permettent un accès peu cher à l’internet, de nouveaux marchés s’ouvrent encore, y compris dans des pays qui n’ont pas d’infrastructures pour utiliser internet, et aujourd’hui, plus de 7 milliards de personnes se connectent chaque jour dans le monde. 

Avec l’extrême vitesse d’évolution technologique (40 ans pour passer de la radio à la télévision, 7 ans depuis le lancement du smartphone) et les avancées spectaculaires de la connectivité, les ventes mondiales annuelles de smartphones dépassent le milliard en 2014. Leur « effet de masse » est considérable sur les marchés mondiaux 1image

Associées au développement d’internet, d’autres révolutions techniques « disruption » sont en marche. 

La digitalisation tout d’abord transforme profondément nos modèles industriels 

« Une fois qu’un processus, un produit, un service peut être décrit, modélisé et représenté en digital, il peut être transmis sur des réseaux, stocké et traité. Ces représentations digitales du réel peuvent alors être reproduites, partagées, enrichies par d’autres. Combinée avec des smartphones, des tablettes et avec des capteurs électroniques à la maison ou dans l’entreprise, la digitalisation engendre toujours plus d’informations », Georges Nahon. 

L’accès à une quantité de données échangées sur le web a ensuite permis aux géants du numérique de développer des logiciels novateurs pour « optimiser » le traitement des « data », améliorer la performance des sites, cibler les offres en fonction des utilisateurs, booster la performance économique des organisations productives. 

Le « machine learning » rend aujourd’hui possible non seulement le traitement de masse de données considérables en temps réel mais aussi le développement de machines « apprenantes ». Ces techniques modifient l’accès à la connaissance, le stockage et l’utilisation de nos mémoires. Elles créent des espaces intelligents qui « hiérarchisent l’information, devinent ce qui nous intéressent, sélectionnent les biens que nous préférons et s’efforcent de nous suppléer dans de nombreuses tâches », Dominique Cardon « A quoi rêvent les algorithmes »

Elles ouvrent la voie vers la production « d’intelligence artificielle » avec des programmes informatiques capables d’effectuer des tâches accomplies par des humains et des robots susceptibles de s’adapater à leur environnement dans un milieu qui leur est inconnu. Parmi ces « technologies de rupture », certaines vont plus loin encore. Si les modifications de la relation homme – machine réinterrogent les activités humaines dans le travail, les recherches relatives à « l’homme augmenté », les travaux sur le génome humain, l’ingénierie de l’esprit, posent des questions éthiques fondamentales sur l’avenir de l’humanité. Leur prise en compte constitue une alerte sur l’ampleur des transformations à venir. 

Ces techniques provoquent des ruptures dans les modèles de production de biens et de services 

Elles constituent un formidable levier pour l’amélioration de la performance des entreprises, à travers la rationalisation des coûts de production, des chaînes logistiques et de distribution. 

Elles bousculent les modèles de croissance, la chaîne de valeurs, « dématérialisant et ouvrant le périmètre des entreprises, perturbant les business model par l’émergence de nouvelles sources de richesses que sont les données et l’intelligence collective », Philippe Lemoine «La transformation numérique de l’économie française». 

Elles impactent tous les secteurs, recomposant les intermédiations, remettant en cause la notion même de « filière » : automobile, services financiers, commerce, tourisme, santé, énergie… 

Elles accélèrent l’avènement d’une « société hyperindustrielle » avec une convergence entre la production de biens et celle des services car, de plus en plus, « l’industrie propose des “solutions“ et non plus